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Même s’il est virtuel, le Metaverse pollue et ce n’est pas une illusion d’optique

Par Gaël Clouzard

Société
Innovation
Créativité

Le métaverse peut sembler un concept étrange et lointain, mais il est déjà bien présent dans notre société. Il ne représente pas le futur car il est déjà là présent. Et, comme toute autre technologie, son impact est conséquent pour notre planète. Malgré le fait qu’il se réfère à une partie complètement virtuelle de notre monde, le métaverse émet des gaz à effet de serre comme toutes les industries. Il est donc primordial avant qu’il ne trouve sa vitesse de croisière de commencer à limiter son empreinte numérique pendant qu’il en est encore temps. En 2010, le numérique représentait déjà 2% de la production mondiale de gaz à effet de serre (GES). Une décennie plus tard, le chiffre grimpait à 3,2% et cette augmentation devrait atteindre 5.8% en 2025… Sachant que le métaverse n’est pas encore déployé, on imagine aisément l’explosion des émissions à horizon 2030.

 

Qu’est-ce que le métaverse ?

Il est en quelque sorte devenu un mot à la mode depuis que Facebook a changé son nom en “Meta” en 2021, mais en bref, c’est essentiellement la convergence des mondes virtuels, augmentés et numériques. Des plates-formes telles que Sandbox, Mirandus et Decentraland permettent aux utilisateurs de créer des passerelles entre le numérique et la réalité. Vous obtenez un “crypto-portefeuille”, qui utilise de l’argent réel pour les achats numériques. Et bien que vous puissiez explorer le métaverse avec un ordinateur, les supports principaux et qui seront imposés  sont les casques de réalité virtuelle et augmentée.

Vous créez un avatar, personnalisez et explorez le monde numériquement. Vous pouvez voir et interagir avec d’autres personnes réelles, et voyager où vous voulez – voir où d’autres ont également voyagé. Vous pouvez également jouer à des jeux et aller à des concerts. Et oui, vous pouvez même gagner de l’argent. C’est clairement la porte ouverte à toutes les fenêtres…

 

L’impact du métaverse

Il y a des aspects environnementaux positifs du métaverse – certains disent que le métaverse réduira le nombre de personnes voyageant pour affaires et pour le plaisir, et à son tour, cela réduira la pollution. Cependant, il a ses inconvénients. Selon Data Quest, les analystes craignent que le métaverse n’entraîne un afflux d’émissions de gaz à effet de serre. La technologie de réalité virtuelle et les centres de données utilisent l’IA et les services cloud, qui nécessitent d’assez grandes quantités d’énergie. 

L’étude AI for Earth lancée par Microsoft estime que la simple création d’une intelligence artificielle censée évoluer dans le métaverse pourrait générer 283 948 kilos de dioxyde de carbone, soit plus de cinq fois la quantité de gaz à effet de serre émise par une voiture pendant sa durée de vie. Le cloud gaming, que l’on peut apparenter au Netflix des jeux vidéo, pourrait également accroître les émissions de carbone d’ici 2030. Il y aura une augmentation des images haute résolution qui engendrera une plus grande consommation d’énergie.

Et comme nous sommes dans une réaction en chaîne, le développement continu de la réalité virtuelle encourage les gens à acheter de nouvelles technologies, cela signifie un afflux de déchets électroniques, qui polluent nos sols, nos eaux souterraines et nos décharges.

 

Que pourrait-on faire pour réduire l’impact de notre métaverse ?

À l’heure actuelle, la co-construction de solutions vertueuses entre le public et le privé est une nécessité. Il va falloir légiférer pour éviter les abus énergétiques pour des questions de rentabilité. 

Quant aux entreprises qui vont se lancer dans l’exploration du métaverse, elles doivent déjà se demander si leur présence est légitime sur ce territoire numérique.  Puis adopter des usages et des comportements responsables comme s’engager à recycler correctement les déchets électroniques et à acheter des appareils électroniques d’occasion. Essayez également de diffuser en SD – et non en HD – lorsque vous utilisez vos terminaux pour interagir avec le métaverse, car la HD a un impact environnemental plus élevé et libère plus d’émissions de carbone.

Surtout, les grandes entreprises technologiques et de télécommunication vont devoir prendre leurs responsabilités pour l’impact carbone que cette révolution va créer. Elles sont les conceptrices et les diffuseurs de ce nouveau monde et à ce titre devront rendre des comptes. Car même si nous assistons à la naissance d’un monde virtuel voire d’une Terre numéro deux, il ne faut pas oublier que sa pollution, elle, est bien réelle…

 

Gaël Clouzard

 

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